5h30… le réveil sonne… pfffff… trop dur mais vous vous êtes promis de suivre à la lettre le fameux rituel du matin… alors debout pendant que tout le monde dort encore… c’est parti pour 20 min de gym intensive… tout en ayant un œil sur la pendule et la tête pleine de tout ce que vous devez faire avant d’être au boulot… Allez… c’est fait… une croix sur la to do list… une bonne douche… un café à toute vitesse et réveiller les enfants… premier appel en douceur… deuxième… au troisième le stress commence à monter d’un cran… le regard toujours rivé à l’heure qui ne cesse d’avancer toujours plus vite !!!! Et ils ne sont toujours pas levés !!!

En continuant à motiver les enfants à se préparer, vous enfilez votre robe, votre collant pour la réunion super méga importante qui vous attend aujourd’hui en compagnie de big boss… et là… crac… le collant file… c’est la goutte de trop qui fait déborder le vase et vous fait déverser votre colère sur vos enfants, votre mari et même le chat qui ose venir demander une caresse à ce moment-là… 

Bref… je m’arrête là mais je pense que cette scène vous est familière non ?

Mais là… le pire… c’est quand vous arrivez au boulot et que vous racontez vos mésaventures à la machine à café, on vous assène le fameux « Oh… mais il faut lâcher prise… » !!!

OK d’accord, cela doit être la solution miracle puisque tout le monde en parle. Mais quel est celui qui a la recette concrète et pratique ? Comment faire dans la vraie vie ? Déjà je vous propose de nous mettre bien d’accord : de quoi parle t-on ? Car avant de prétendre “lâcher”, encore faut-il savoir ce que nous “tenons” ?

Définition du lâcher prise : État de concentration impersonnel.

« Certaines personnes ont besoin de toujours tout contrôler. Elles n’acceptent pas leurs limites et perçoivent le lâcher prise comme une véritable faiblesse. Lâcher prise ne veut pas dire renoncer. Au contraire, cela signifie progresser, se libérer de poids inutiles et parfois même changer notre façon de percevoir les choses. «   (Melissa Pekel, « Quand le lâcher prise s’impose : 5 signes qui ne trompent pas », Retour à l’innocence, 10 juin, 2012).

Lâcher prise, c’est donc accepter ses limites. A force de vouloir contrôler tout ce qui nous entoure, nous gaspillons notre énergie et perdons notre sérénité. Dans son nouvel ouvrage, Petit traité de l’abandon, le philosophe Alexandre Jollien nous livre quelques-uns de ses secrets pour agir, et non pas réagir. Selon lui, « il faut lâcher, même le lâcher-prise ! C’est-à-dire que, lorsque nous allons mal, nous ne devons pas chercher à nous rajouter des efforts pour aller mieux. Mais simplement accueillir. Être là. L’abandon, c’est se laisser aller dans les hauts et dans les bas. Nous pouvons bien tenter de tout changer dans notre vie, cela ne la modifiera pas dans ce qu’elle est intrinsèquement : ce mouvement perpétuel de hauts et de bas. »

Je vais donc vous partager 4 clés, non pas pour « lâcher-prise » mais pour « lâcher le lâcher prise ». On y va ?

  • Acceptez ce que vous êtes en train de vivre en ce moment. Accepter ne veut pas dire que vous devez aimer ou pas cette situation. Vous l’acceptez juste et vous autorisez vos sentiments à remonter à la surface de votre esprit au lieu de les laisser s’enfouir en vous. Beaucoup de gens pensent qu’accepter le problème ne permet pas de résoudre un problème. Or c’est faux. L’acceptation n’est pas la passivité. Au contraire.

Comment faire ? Essayer de laisser passer les pensées, agréables ou douloureuses, sans jugement. Pratiquez la méditation régulièrement. Commencez par une à deux minutes quotidiennes et puis vous pourrez certainement y passer plus de temps… Des applications comme Petit Bambou peuvent vous accompagner dans cette découverte… 

  • Portez votre attention sur le présent. Cela demande un effort constant. Nous sommes souvent tentés de regarder le passé ou le futur et cela génère du stress, voire des angoisses.

Comment faire ? Essayez de parler d’aujourd’hui : aujourd’hui, je vais voir tel ami, aujourd’hui, je passe l’après-midi avec mes enfants… Et tentez de bannir les conditionnels, les « j’aurais dû ». Quand vous sentez cette pensée monter en vous, laissez-la passer en revenant au présent. Car plus nous regrettons, moins nous pouvons être actifs.

  • Se reconnecter à ce qui est bon pour soi : ses besoins profonds et ses vraies valeurs, c’est se reconnecter à ce qui est vivant en soi. C’est se libérer des jugements négatifs qu’on porte sur soi et la vie, pour laisser vivre ce qui est en soi, que ce soit agréable ou désagréable.

Comment faire ? Juste se poser la question : quand je fais telle ou telle chose, qu’est-ce que je ressens ? Est-ce agréable ou désagréable ? Est-ce que cela me fait du bien ? Et pour aller plus loin, si vous le pouvez quand vous vous sentez dans une émotion dite « négative » essayez de déterminer quel est votre besoin à ce moment-là ?

  • Ma 4ème clé pour conclure… comme le disait Bouddha, « ne croyez jamais ce que l’on vous dit. Vérifiez par vous-même à la lumière de votre expérience. »

Alors… prêts à lâcher le lâcher prise ???

Alexia, parfaitement imparfaite